mercredi 7 juin 2006

Osvaldo Cavandoli et La publicité

L’auteur de La Linea, Osvaldo Cavandoli, dit "Cava" est né le 1er janvier 1920 à Maderno, en Italie. Il débute sa carrière professionnelle en 1936 comme dessinateur technique pour la marque automobile Alfa Romea avant d’approfondir sa passion et ses talents de dessinateur pour l’animation.

A partir de 1943, il commence à travailler avec Nino Pagot, le créateur de Caliméro. Leur collaboration durera jusqu’en 1950 date à laquelle Osvaldo Cavandoli s’installe seul en tant que réalisateur et producteur.

C’est en 1969 qu’il devient véritablement célèbre grâce à La Linea. Le personnage a été créé au départ par l’agence ODG (Orsini, Damioli, Gandin) pour une série de films publicitaires intitulée Carosello, pour la maison d’articles de table Lagostina. Le slogan publicitaire disait à peu près ceci : "Nous vous annonçons un heureux événement. Agostino Lagostina est né. Qui est Agostino ? Un petit homme vif au nez vraiment expressif, plein de toutes les instances et inquiétudes de la vie moderne. Fils d’un crayon et d’une main." La série animée continuera bien au-delà de cet aspect, mais les 8 premiers épisodes ont été réalisés à partir des plans tirés des pubs de Lagostina.

C’est à partir de 1972 que La Linea vivra sa vie de série d’animation un peu partout en Europe, notamment en France où elle fait son apparition en 1977 dans l’émission de télévision animée par Casimir L’Ile aux enfants.

Si dans les années soixante-dix, la plupart des téléviseurs étaient en noir et blanc et ne permettaient pas de voir que la couleur de fond de La Linea changeait en fonction de l’humeur du personnage et de ses rencontres, La télévision couleur rétablit désormais cette dimension !

En Italie, le personnage de la Linéa a servi pour la publicité des casseroles Lagostina. Résultat : c’est le seul pays où la Linéa ne suscite pas le même enthousiasme que partout ailleurs. Encore un parfait exemple du proverbe « nul n’est prophète en son pays ».

Il faut bien définir la Linéa comme un dessin animé mais il est très différent de ce qu’on qualifie ainsi habituellement. En ce sens, même s’il est minimaliste, il est très original.

Pour ceux qui ne connaissent pas, imaginez un fond noir. Une main apparaît et dessine une ligne horizontale blanche et, dans la foulée et au milieu de l’écran, un bonhomme très simple (dont la principale caractéristique est le gros nez).

La main disparaît, le bonhomme s’anime, s’étire puis apostrophe le dessinateur. La phrase est incompréhensible mais se termine par « … ligne ici ? ». La main revient et termine la ligne sur la droite. La satisfaction de la Linéa s’exprime par de nouvelles onomatopées « Mmmm, daaa ! ».

Il commence à se promener sur la ligne en chantonnant « Labalalala lala » et très vite il lui arrive mille et un péripéties. Pour se sortir de tous les mauvais pas, il apostrophe toujours le dessinateur pour que celui-ci lui rajoute des accessoires. Son langage est strictement incompréhensible mais ses mimiques et le ton de sa voix – souvent râleur, parfois enjôleur – permettent de suivre l’histoire sans problème.

Quelques soient les aventures de l’épisode que vous regardiez, la fin sera toujours la même : la ligne s’arrête et le petit bonhomme tombe. La main du dessinateur réapparaît une dernière fois pour inscrire le mot « fin » puis résonne la mélodie de fin « Badoum-badoum, badoum-badoum, badoum-badoum… badoum-badoum ». Simplissime mais inoubliable !

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